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Communication, Marketing

Le marketing de carton … pâte

Boîte de pâte alimentaire à moitié videIl y a peu de temps, j’ai publié un billet au sujet du suremballage, de la responsabilité sociale des entreprises et du marketing. Le présent billet est donc mon deuxième sur ce thème.

Certaines entreprises déplacent sur des milliers de kilomètres et entreposent dans des locaux chauffés et climatisés … presque 50 % d’air. Je pourrais comprendre l’importance relative des emballages «soufflés» pour les produits comme les croustilles (bien qu’il y en ait aussi en pots), mais pour les pâtes alimentaires sèches, je n’en vois vraiment pas l’utilité. Bien que cette situation fasse probablement l’affaire des compagnies de boîtes de carton, elle est environnementalement navrante.

Pourquoi donc emballer des spaghettis secs dans une boîte près de deux fois trop grande ? Les seules explications plausibles demeurent, selon moi :

1) l’impossibilité pour les infographistes de concevoir un emballage de dimension appropriée.

2) L’appropriation d’espace tablette.

Vous aurez compris que je privilégie la deuxième explication. Par conséquent, nous ne pouvons nier la part de responsabilité du marketing dans cette situation.

Bien que j’aie déjà émis des doutes sur l’utilité de cette démarche dans un billet précédent, j’ai quand même téléphoné à l’entreprise pour faire connaître mon mécontentement et formuler une plainte formelle. Résultat: Navrant. Lors de l’appel au numéro 1-888 inscrit sur l’emballage, le préposé me répond qu’il est désolé, prend en note mon nom, le code du produit, le lieu d’achat et me demande la question qui tue : «Comment vous êtes-vous rendu compte que la boîte était à moitié vide ?». Réponse du client éberlué, en l’occurrence moi : «Avec mes yeux, après l’avoir ouverte !!!!!!» La question était piégée car s’ensuit une discussion stérile sur le fait que la quantité de produit est basé sur le poids et non pas sur le volume. Je lui demande alors à quel point des pâtes alimentaires peuvent varier de densité puisque si la boîte est à moitié vide, mes pâtes sont donc forcément deux fois plus denses. Ma question est demeurée sans réponse. Je concède que d’un point de vue strictement légal, l’emballage semble respecter les normes. Bien que la boîte soit à moitié vide, il y avait fort probablement 300 grammes de pâtes à l’intérieur, tel que mentionné sur la boîte. Franchement, je n’avais pas pesé la boîte avant de l’acheter.

Cadrons le problème différemment: est-il éthique, environnementalement responsable et respectueux des consommateurs d’emballer 300 grammes de pâtes dans une boîte près de deux fois trop grande ?

On m’offre néanmoins de me faire parvenir des bons de réduction pour remplacer le produit tout en insistant sur le fait qu’il soit très rare que les machines d’emballage se dérèglent. Je signifie au préposé que j’utiliserai les coupons avec plaisir afin de valider que les boîtes ne soient pas toutes remplies à moitié et que la dimension de la boite ne soit pas qu’une technique de l’entreprise visant à occuper de l’espace tablette. Visiblement, la remarque dépasse ses directives, son mandat et son département. Il me dit alors qu’il transférera mes remarques au département du marketing. J’insiste alors pour parler immédiatement à ce département, mais rien n’y fit. Je demande donc un numéro de dossier et mentionne que j’attendrai donc un appel du département marketing pour discuter de la situation. C’est à ce moment qu’il m’a clairement indiqué que personne ne me rappellerait (!), mais qu’il transmettrait mon message. Par principe, j’ai réitéré ma demande de retour d’appel de la part du département marketing une dernière fois et lui ai souhaité une bonne journée.

Quelques jours plus tard, j’ai bien reçu les coupons. Ceci m’a permis de valider que les boîtes sont bien presqu’à moitié vide. Dans la lettre qui accompagnait les bons, se trouve la phrase suivante: «Vos commentaires nous tiennent vraiment à coeur et nous vous assurons que ceux-ci seront transmis à notre Service (sic) du contrôle de la qualité.» N’avais-je pas reçu confirmation que mes commentaires seraient transmis au département du marketing ? J’ai sans doute rêvé. Sans doute est-ce leur version d’être «[…] toujours à l’écoute des nos critiques les plus importants: nos consommateurs.»

À quand une législation sur l’emballage trompeur dans le domaine de l’alimentation ?

Merci

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  1. Pingback: Un entrepreneur bien chaussé « VP Communication - 14 février 2012

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