//
Communication, Marketing

Télécommuniquons

Les «nouvelles» technologies de télécommunication sont maintenant partout dans nos vies. Notez que je mets nouvelles entre parenthèses car elles le sont de moins en moins. J’emploie aussi délibérément le mot télécommunication car ces technologies nous permettent essentiellement de télécommuniquer au sens de «communiquer à distance».

Ces technologies remettent en question une catégorie fondamentale de notre existence: le temps. L’époque Moderne nous avait habitué à des horaires rigides. Pensons seulement ici à l’horaire imposé par le pointeur des usines ou à l’horaire des monastères. Ce temps était aussi caractérisé par sa spécialisation: chaque chose en son temps, un temps pour chaque chose.

Les technologies font cependant éclater cette conception du temps dans laquelle nos ancêtres ont longuement baigné et dont nous avons hérité. Ainsi, le temps est dédoublé et n’est plus spécialisé.

Le temps dédoublé est maintenant si commun que nous en prenons à peine conscience. Ainsi, il est maintenant possible de se déplacer en voiture et d’être en contact, au même moment, avec une personne éloignée physiquement via son téléphone cellulaire (main libre, bien sûr).

«Dans l’optique de la théorie sociale, l’espace est le support matériel des pratiques sociales du temps partagés, sachant que tout support matériel comporte toujours une signification symbolique. Par  »pratiques sociales du temps partagés », j’entends le fait que l’espace rassemble les pratiques simultanées. C’est l’articulation matérielle de cette simultanéité qui donne son sens à l’espace par rapport à la société. Si, traditionnellement, cette notion était assimilée à la contiguïté, il est essentiel de distinguer du concept de contiguïté celui de support matériel de pratiques simultanées, pour tenir compte des éventuels supports matériels de la simultanéité qui ne reposent pas sur la contiguïté physique, puisque c’est précisément ce qui se passe dans les pratiques sociales dominantes de l’ère de l’information.» Manuel Castells, La société en réseaux : l’ère de l’information, Fayard, 1998, p. 463

Nous faisions déjà deux choses à la fois à plein d’occasion. Qui n’a pas déjà marcher et mâcher de la gomme en même temps ? Le problème de cette multiplication des activités simultanées touche quelquefois des aspects importants de nos vies dont, entre autres, la sécurité. Quelqu’un qui conduit une voiture tout en discutant au téléphone conduit-il en téléphonant ou téléphone-t-il en conduisant ? Bien qu’elle puisse paraître loufoque, cette question soulève toute la question de l’attention que nous portons à ce que nous faisons.

La non spécialisation du temps nous amène vers un temps polychronique, comparativement à un temps monochronique caractéristique des sociétés occidentales.

La modification de notre rapport au temps représente, selon moi, une des modifications les plus importante des récentes technologies de télécommunication, surtout en matière de médias. Nous aborderons plus en profondeur cette question dans un prochain article portant sur la consommation que nous faisons des médias et de l’attention que nous leur portons.

Publicités

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :